Les séries rythment mon quotidien et je ne m'en lasserai jamais. Elles me permettent de m'évader, de ressentir des émotions (surtout rire) mais aussi de pratiquer la compréhension orale d'autres langues étrangères. Depuis que je me suis abonnée à Netflix, j'ai découvert moult séries et documentaires : The Good Place, Brooklyn Nine-Nine, How I Met Your Mother, Friends, Before The Flood... pour n'en citer que quelques-uns.
Les séries font désormais partie de notre culture générale. Lorsque j'étais encore en classe préparatoire, ma professeure de lettres nous demandait souvent si nous avions vu ou lu certains classiques; puisque ne nous mentons pas à nous-mêmes, ne pas avoir au moins lu un livre de Victor Hugo ou une pièce de Molière nous ferait passer pour des incultes.
Aujourd'hui, la majeure partie de la population regarde des séries et certaines d'entre elles ont eu une grande influence sur la société comme Friends qui est une série qu'on caractérise d'intergénérationnelle, tant elle a touché la génération de nos parents et la nôtre. Si elles ont cet effet, c'est tout simplement parce que nous nous identifions aux personnages et/ou à l'histoire. Ainsi, presque un an près la sortie de la dernière saison et profitant de la situation du confinement, finir Jane The Virgin était une priorité. No spoilers!
Jane The Virgin est une série américaine qui raconte l'histoire de Jane Gloriana Villanueva (jouée par Gina Rodriguez), une jeune femme vierge qui est tombée enceinte après avoir été inséminée par accident. Cette série, réalisée et produite entre 2014 et 2019 par Jennie Snyder Urman (productrice et co-productrice d'autres séries connues comme Reign ou encore Gilmore Girls), se compose de cinq saisons, chacune présentant une vingtaine d'épisodes qui durent en moyenne 40 minutes. Bien que beaucoup pensent que cette série touche surtout la jeune génération; elle est en réalité adaptée à un public beaucoup plus large, de tout âge, toute ethnicité et de tout genre.
Si on entre plus en détails, Jane est une jeune femme de 23 ans, d'origine vénézuélienne, qui réside à Miami et occupe un poste de serveuse dans un grand complexe hôtelier luxueux, le Marbella. Elle a été élevée par sa grand-mère, Alba, et sa mère, Xiomara, qui est tombée enceinte à l'âge de 16 ans. Son plus grand rêve est de devenir écrivaine mais aussi de rencontrer son père biologique dont elle ne connaît pas l'identité. Catholique et ne voulant pas reproduire les erreurs de jeunesse de sa mère, Jane se préserve pour le mariage. Elle est en couple avec Michael Cordero (joué par Brett Dier), un jeune détective, fou amoureux d'elle. Lorsque Jane apprend qu'elle est enceinte, qui plus est de Rafael Solano (joué par Justin Baldoni), le séduisant et richissime fils du gérant du Marbella, c'est le drame. Et, c'est à partir de ce moment que vont s'en suivre toute sorte d’événements improbables et inimaginables: la découverte de son père biologique, des triangles amoureux et des histoires d'amour impossibles, de la manipulation mais aussi et surtout, des meurtres. "Straight out of a telenovela, right?" nous dirait le narrateur principal.
Au delà de ce résumé, Jane The Virgin, c'est bien plus. C'est avant tout, la représentation d'une partie de la société qui n'était que très peu visible voire stéréotypée dans d'autres séries/films. L'histoire se centre sur la vie de trois femmes latino-américaines qui se soutiennent les unes les autres au quotidien. En outre, comme l'ont fait remarquer certains des acteurs, cette série a été comme une bouffée d'air frais parce qu'elle représentait enfin une partie marginalisée de la société américaine et permettait à beaucoup de se sentir légitimés. Grâce à cette série, on se définit autrement la population latino-hispanique aux Etats-Unis. En effet, ce sont des personnes qui ont une culture, des valeurs, du courage, qui passent par les difficultés de l'immigration et de l'insertion sociale mais qui se battent au quotidien pour une vie meilleure et ceci est d'autant plus marquant pour les personnes, comme moi-même, dont les parents sont issus de l'immigration. Néanmoins, d'autres représentations, toujours considérées comme secondaires, sont visibles dans cette série: la communauté LGBTQ, les personnes atteintes de maladies (le cancer et la dépression sont des thèmes abordés), etc.
Un autre aspect fort de cette série est la représentation des femmes et des hommes. Jane The Virgin, c'est une série féministe. En effet, elle dépeint des personnages forts mentalement mais qui gardent toujours une grande part d'émotion. Les femmes sont représentées pour ce qu'elles devraient être: des femmes fortes, qui essaient tant bien que mal de faire face aux aléas de la vie, qui se suffisent à elles-mêmes, des femmes qui ont peur mais qui osent, qui se soutiennent entre elles et je pourrais encore en énumérer.
Cette série est certes un peu mélodramatique (je vous rappelle qu'il s'agit d'une telenovela) mais on ne peut pas se limiter à représenter une femme qui soit trop émotionnelle ou, à l’extrême, sans émotion alors que la réalité est que tout le monde a des émotions et que chacun les exprime comme il le "peut". En effet, j'insiste sur le "comme il le PEUT" car personne ne choisit d'être trop émotionnel ou, au contraire, pas assez: nous ne sommes pas maître de nos émotions et Freud nous l'a bien démontré. Je vous renvoie vers cet article du blog de l'Institut Pandore qui résume la théorie de Freud sur l'inconscient.
En passant cette légère digression, cette série nous montre certes une représentation des femmes pour ce qu'elles sont mais cela s'applique également aux hommes. Fini la représentation des hommes macho, trop sûrs d'eux et qui réussissent tout ce qu'ils entreprennent. Avec Jane The Virgin, les hommes sont tout autant à fleur de peau. Il existe enfin un pied d'égalité dans la représentation des femmes et des hommes avec cette série. Pour ma part, les personnages qui ont été les mieux présentés dans cet aspect sont Petra et Rafael.
Jane The Virgin parle de sujets importants et tente de représenter équitablement la société mais ce qui est aussi remarquable est le format que prend la série. En effet, une série américaine tournée sous forme de telenovela: du jamais vu! Elle reprend le symbole de la culture télévisée d'une communauté entière: les telenovelas sont autant populaires en Amérique Latine qu'en Espagne ou au Portugal et sont rythmées par les nombreuses intrigues, les personnages démesurés, les histoires loufoques, la musique et la culture qu'elles mettent en avant. Lorsqu'on regarde une telenovela, on en voit de toutes les couleurs !
Voilà l'essence même que les producteurs de Jane The Virgin ont voulu reprendre à ce mythique genre télévisé. Cette série est rythmée par des rebondissements improbables (des meurtres, des enlèvements) qui vous tiennent en haleine du début à la fin de chaque épisode. Vous vous attachez à tous les personnages sans exception tant ils sont différents les uns des autres et qu'ils évoluent continuellement tout au long de la série. Avec Jane The Virgin, vous riez, vous pleurez, vous sursautez, vous allez littéralement passer par toutes les émotions possibles. Le narrateur principal est aussi l'un des aspects fort de cette série et sans lui, l'histoire n'aurait aucun sens.
Enfin, comment ne pas parler de l'aspect qui rythme la série tout entière: l'Amour. Jane The Virgin, c'est de l'amour dans toutes ses formes. On a de l'amour familial et inconditionnel mais aussi de l'amour amical et surtout des histoires d'amour comme on les aime. Chaque personnage y sera confronté mais l'histoire d'amour qui fait chavirer tout le monde est le triangle amoureux Jane-Rafael-Michael. "Team Rafael ou Team Michael?" ou la question qui divise une communauté entière de fans. En dehors de ce trio principal, on a d'autres histoires d'amour qui émeuvent tout autant comme celle des trois femmes Villanueva, celle de Xiomara et Rogelio, etc. L'Amour est le maître mot de cette série et si c'est un sujet qui ne vous passionne absolument pas, passez votre chemin !
Voilà, Jane The Virgin, c'est tout cela. C'est une série qui est vu comme trop "girly" mais qui aborde des sujets qui sont très importants et applicables à n'importe qui. Cette série n'est pas "gnangnan" et peut être visionnée par TOUT LE MONDE (oui les personnes de sexe masculin, je vous parle!). Outre le fait que cette série me parle pour de nombreuses raisons, des messages forts y sont véhiculés et vous ne serez pas déçus par l'histoire parce que le contenu est très diversifié. Je recommande fortement cette série parce qu'elle en vaut vraiment la peine et les cinq saisons sont disponible sur Netflix!
Sara






