Jane The Virgin : une leçon de vie bien plus qu'une série

samedi 4 avril 2020

Les séries rythment mon quotidien et je ne m'en lasserai jamais. Elles me permettent de m'évader, de ressentir des émotions (surtout rire) mais aussi de pratiquer la compréhension orale d'autres langues étrangères. Depuis que je me suis abonnée à Netflix, j'ai découvert moult séries et documentaires : The Good Place, Brooklyn Nine-Nine, How I Met Your Mother, Friends, Before The Flood... pour n'en citer que quelques-uns. 

Les séries font désormais partie de notre culture générale. Lorsque j'étais encore en classe préparatoire, ma professeure de lettres nous demandait souvent si nous avions vu ou lu certains classiques; puisque ne nous mentons pas à nous-mêmes, ne pas avoir au moins lu un livre de Victor Hugo ou une pièce de Molière nous ferait passer pour des incultes

Aujourd'hui, la majeure partie de la population regarde des séries et certaines d'entre elles ont eu une grande influence sur la société comme Friends qui est une série qu'on caractérise d'intergénérationnelle, tant elle a touché la génération de nos parents et la nôtre. Si elles ont cet effet, c'est tout simplement parce que nous nous identifions aux personnages et/ou à l'histoire. Ainsi, presque un an près la sortie de la dernière saison et profitant de la situation du confinement, finir Jane The Virgin était une priorité. No spoilers! 


Jane The Virgin est une série américaine qui raconte l'histoire de Jane Gloriana Villanueva (jouée par Gina Rodriguez), une jeune femme vierge qui est tombée enceinte après avoir été inséminée par accident. Cette série, réalisée et produite entre 2014 et 2019 par Jennie Snyder Urman (productrice et co-productrice d'autres séries connues comme Reign ou encore Gilmore Girls), se compose de cinq saisons, chacune présentant une vingtaine d'épisodes qui durent en moyenne 40 minutes. Bien que beaucoup pensent que cette série touche surtout la jeune génération; elle est en réalité adaptée à un public beaucoup plus large, de tout âge, toute ethnicité et de tout genre.


Si on entre plus en détails, Jane est une jeune femme de 23 ans, d'origine vénézuélienne, qui réside à Miami et occupe un poste de serveuse dans un grand complexe hôtelier luxueux, le Marbella. Elle a été élevée par sa grand-mère, Alba, et sa mère, Xiomara, qui est tombée enceinte à l'âge de 16 ans. Son plus grand rêve est de devenir écrivaine mais aussi de rencontrer son père biologique dont elle ne connaît pas l'identité. Catholique et ne voulant pas reproduire les erreurs de jeunesse de sa mère, Jane se préserve pour le mariage. Elle est en couple avec Michael Cordero (joué par Brett Dier), un jeune détective, fou amoureux d'elle. Lorsque Jane apprend qu'elle est enceinte, qui plus est de Rafael Solano (joué par Justin Baldoni), le séduisant et richissime fils du gérant du Marbella, c'est le drame. Et, c'est à partir de ce moment que vont s'en suivre toute sorte d’événements improbables et inimaginables: la découverte de son père biologique, des triangles amoureux et des histoires d'amour impossibles, de la manipulation mais aussi et surtout, des meurtres. "Straight out of a telenovela, right?" nous dirait le narrateur principal.

Au delà de ce résumé, Jane The Virgin, c'est bien plus. C'est avant tout, la représentation d'une partie de la société qui n'était que très peu visible voire stéréotypée dans d'autres séries/films. L'histoire se centre sur la vie de trois femmes latino-américaines qui se soutiennent les unes les autres au quotidien. En outre, comme l'ont fait remarquer certains des acteurs, cette série a été comme une bouffée d'air frais parce qu'elle représentait enfin une partie marginalisée de la société américaine et permettait à beaucoup de se sentir légitimés. Grâce à cette série, on se définit autrement la population latino-hispanique aux Etats-Unis. En effet, ce sont des personnes qui ont une culture, des valeurs, du courage, qui passent par les difficultés de l'immigration et de l'insertion sociale mais qui se battent au quotidien pour une vie meilleure et ceci est d'autant plus marquant pour les personnes, comme moi-même, dont les parents sont issus de l'immigration. Néanmoins, d'autres représentations, toujours considérées comme secondaires, sont visibles dans cette série: la communauté LGBTQ, les personnes atteintes de maladies (le cancer et la dépression sont des thèmes abordés), etc.

Un autre aspect fort de cette série est la représentation des femmes et des hommes. Jane The Virgin, c'est une série féministe. En effet, elle dépeint des personnages forts mentalement mais qui gardent toujours une grande part d'émotion. Les femmes sont représentées pour ce qu'elles devraient être: des femmes fortes, qui essaient tant bien que mal de faire face aux aléas de la vie, qui se suffisent à elles-mêmes, des femmes qui ont peur mais qui osent, qui se soutiennent entre elles et je pourrais encore en énumérer.
Cette série est certes un peu mélodramatique (je vous rappelle qu'il s'agit d'une telenovela) mais on ne peut pas se limiter à représenter une femme qui soit trop émotionnelle ou, à l’extrême, sans émotion alors que la réalité est que tout le monde a des émotions et que chacun les exprime comme il le "peut". En effet, j'insiste sur le "comme il le PEUT" car personne ne choisit d'être trop émotionnel ou, au contraire, pas assez: nous ne sommes pas maître de nos émotions et Freud nous l'a bien démontré. Je vous renvoie vers cet article du blog de l'Institut Pandore qui résume la théorie de Freud sur l'inconscient.
En passant cette légère digression, cette série nous montre certes une représentation des femmes pour ce qu'elles sont mais cela s'applique également aux hommes. Fini la représentation des hommes macho, trop sûrs d'eux et qui réussissent tout ce qu'ils entreprennent. Avec Jane The Virgin, les hommes sont tout autant à fleur de peau. Il existe enfin un pied d'égalité dans la représentation des femmes et des hommes avec cette série. Pour ma part, les personnages qui ont été les mieux présentés dans cet aspect sont Petra et Rafael.

Jane The Virgin parle de sujets importants et tente de représenter équitablement la société mais ce qui est aussi remarquable est le format que prend la série. En effet, une série américaine tournée sous forme de telenovela: du jamais vu! Elle reprend le symbole de la culture télévisée d'une communauté entière: les telenovelas sont autant populaires en Amérique Latine qu'en Espagne ou au Portugal et sont rythmées par les nombreuses intrigues, les personnages démesurés, les histoires loufoques, la musique et la culture qu'elles mettent en avant. Lorsqu'on regarde une telenovela, on en voit de toutes les couleurs ! 
Voilà l'essence même que les producteurs de Jane The Virgin ont voulu reprendre à ce mythique genre télévisé. Cette série est rythmée par des rebondissements improbables (des meurtres, des enlèvements) qui vous tiennent en haleine du début à la fin de chaque épisode. Vous vous attachez à tous les personnages sans exception tant ils sont différents les uns des autres et qu'ils évoluent continuellement tout au long de la série. Avec Jane The Virgin, vous riez, vous pleurez, vous sursautez, vous allez littéralement passer par toutes les émotions possibles. Le narrateur principal est aussi l'un des aspects fort de cette série et sans lui, l'histoire n'aurait aucun sens.

Enfin, comment ne pas parler de l'aspect qui rythme la série tout entière: l'Amour. Jane The Virgin, c'est de l'amour dans toutes ses formes. On a de l'amour familial et inconditionnel mais aussi de l'amour amical et surtout des histoires d'amour comme on les aime. Chaque personnage y sera confronté mais l'histoire d'amour qui fait chavirer tout le monde est le triangle amoureux Jane-Rafael-Michael. "Team Rafael ou Team Michael?" ou la question qui divise une communauté entière de fans. En dehors de ce trio principal, on a d'autres histoires d'amour qui émeuvent tout autant comme celle des trois femmes Villanueva, celle de Xiomara et Rogelio, etc. L'Amour est le maître mot de cette série et si c'est un sujet qui ne vous passionne absolument pas, passez votre chemin !

Voilà, Jane The Virgin, c'est tout cela. C'est une série qui est vu comme trop "girly" mais qui aborde des sujets qui sont très importants et applicables à n'importe qui. Cette série n'est pas "gnangnan" et peut être visionnée par TOUT LE MONDE (oui les personnes de sexe masculin, je vous parle!). Outre le fait que cette série me parle pour de nombreuses raisons, des messages forts y sont véhiculés et vous ne serez pas déçus par l'histoire parce que le contenu est très diversifié. Je recommande fortement cette série parce qu'elle en vaut vraiment la peine et les cinq saisons sont disponible sur Netflix!

Sara

Sources:

Nostalgie

samedi 20 avril 2019

Nous sommes fin avril et hier, a eu lieu mon dernier jour de cours de L2. Il ne me reste plus qu'un mois avant d'être réellement en vacances. Pourtant, je me sens triste. "Quoi? N'as-tu pas hâte d'être en vacances?" me direz-vous. Bien-sûr que si. J'ai hâte de pouvoir profiter du bon temps, de mes amis mais je me suis rendue compte que tout était passé si vite.

Voilà presque un an que j'ai créé ce blog. J'étais en pleine période de partiels quand l'envie d'avoir mon petit recoin, mon blog, m'est venue. J'étais en L1 à ce moment-là. J'étais à ma 2ème année en post-bac. Déjà 2 ans que j'avais quitté le lycée. Désormais, ça en fait 3. 

Aujourd'hui, je suis à la fin de ma L2. Il ne me reste plus qu'un an avant de terminer ma licence. Cette année est passée très vite et surtout ce deuxième semestre. J'ai fait de belles rencontres (Moéra et Marie-Lou hehe) que je compte garder, bien évidemment, mais je regrette de ne pas en avoir fait d'autres. Je regrette aussi de ne pas avoir assez profité de mon temps, de l'extérieur. J'étudie sur Paris et je n'habite pas si loin de là et pourtant, la capitale reste parfois un grand mystère à mes yeux. 

La fin de la L2 signifie aussi la fin de la tranquillité, dans une certaine mesure. La L3 est la dernière année de licence et cela implique qu'elle ne sera pas de tout repos concernant notamment les candidatures en master. Pendant un semestre, je serai à l'étranger et lorsque je rentrerai, tout va s'accélérer. Les candidatures en école de commerce, en université, les tonnes de lettres de motivation, les oraux... de février à juin, sans compter les cours. Je vais devoir faire de l'organisation, ma meilleure amie. 

Finir la L2 et rentrer en L3 signifie aussi que j'arrive à la moitié de mon cursus universitaire. Bien que parfois, j'ai envie de finir le plus vite possible mes études afin de commencer ma petite vie, une autre partie de moi préférait que cette période s'éternise. J'ai encore envie d'apprendre, de m'améliorer. J'ai encore envie de profiter de ma jeunesse, de découvrir le monde, de m'amuser. 

Voilà, je suis triste mais juste un peu. Je suis simplement nostalgique. J'ai beaucoup apprécier mes deux années de licence et surtout la deuxième. J'espère que la troisième sera meilleure ainsi que celles qui suivront. 

N'hésite pas à me partager ton avis/ressenti si, toi aussi, tu appréhendes la fin de la licence ou si tout simplement tu as déjà fini ta licence ! 

A bientôt ! 

Sara 

MADE IN MIAMI

mercredi 9 mai 2018


J'écoutais de la musique sur Youtube et je suis tombée par hasard sur cette vidéo. Comme j'adore Camila Cabello, je me suis dit "pourquoi ne pas la regarder". J'ai rapidement été touchée par cette vidéo sous forme de documentaire qui m'a aussi fait penser à mon histoire et à celle de mes parents et surtout à celle de ma mère.

Ce documentaire explique l'épopée par laquelle sont passés les parents de Camila pour aller jusqu'aux Etats-Unis. La vie à Cuba est extrêmement précaire et les parents de Camila ont choisi de partir afin d'avoir une meilleure vie pour eux et surtout pour leurs enfants. L'immigration des pays latinos/caribéens vers les Etats-Unis est extrêmement difficile et beaucoup n'ont pas la chance de passer la frontière ou se font expulser. D'ailleurs, le père de Camila l'explique : sachant qu'il ne pouvait pas avoir de visa car il est mexicain (contrairement à Camila et sa mère qui sont cubaines), il a eu extrêmement de mal à passer la frontière américaine et a souvent dû retourner en arrière. 

Cette vidéo, nous explique aussi l'acharnement, la persévérance pour avoir une vie meilleure. La mère de Camila était toute seule avec sa fille lorsqu'elle est arrivée et a, pourtant, fait le maximum pour trouver un travail et a travaillé extrêmement dur pour arriver à avoir quelque chose. Ils ont fait le nécessaire pour s'en sortir et y sont parvenus. Si Camila et sa famille n'étaient pas venus aux Etats-Unis, elle n'aurait certainement pas eu l'opportunité de faire ce qu'elle aime et de pouvoir gagner sa vie avec et surtout d'être célèbre mondialement. Elle leur en est d'ailleurs très reconnaissante et n'oublie pas d'où elle vient pour autant ! 

Pourquoi me sentir concernée ? Je suis fille d'immigrés. Mes parents sont tous deux natifs du Portugal et sont venus en France pour les meilleures conditions de vie sur place (surtout les opportunités de travail). Ma mère est venue jeune, sans qualification, sans diplôme et pourtant elle a travaillé extrêmement dur pour arriver où elle en est aujourd'hui. Je n'ai jamais manqué de rien grâce à elle car elle a toujours su gérer ses économies et ses dépenses. Aujourd'hui, elle exerce un métier et fait exactement le même travail que certaines personnes qui possèdent un diplôme. Je suis extrêmement fière et ai beaucoup de respect pour elle.

Mes parents m'ont toujours inculqués la valeur du travail : travail bien à l'école pour avoir de bonnes notes, pour avoir un bon métier et j'en passe. J'ai toujours fait le nécessaire pour que ma mère soit fière de moi. Aujourd'hui, je suis étudiante dans une prestigieuse université de Paris : la Sorbonne. J'ai notamment fait un an de classe préparatoire dans un très bon lycée du Val-de-Marne auprès d'autres élèves dont les parents avaient parfois des fonctions de cadres en entreprise. Tout cela pour vous dire que ce n'est pas parce qu'on est enfant d'immigrés qu'on ne peut pas y arriver et j'espère que l'avenir me réservera encore de belles surprises.  

La France a donné des opportunités à ma mère ainsi qu'à moi. Je suis peut-être née en France mais je n'ai obtenu ma nationalité française qu'à l'âge de 16 ans (par droit du sol). Aujourd'hui, je possède une double nationalité et grâce à elle, je suis citoyenne de deux pays. J'étais extrêmement fière de pouvoir voter pour la première fois à une élection présidentielle. Grâce à la France, j'ai eu des opportunités que je n'aurais certainement pas eu en étant restée au Portugal (études principalement). Néanmoins, je n'oublie pas d'où je viens. Je suis très fière de mes origines et j'y porte énormément d'attention. 

En conclusion, ce que je veux que vous reteniez est que n'importe où vous venez, saisissez les opportunités qui s'offrent à vous et ne considérez jamais rien d'acquis. Mettez les efforts nécessaires pour arriver à ce que vous voulez. N'oubliez pas d'où vous venez, surtout pas et soyez toujours reconnaissant envers vos parents pour tout ce qu'ils font pour vous. 

Je suis fille d'immigrés, je suis portugaise et française et fière de l'être ! 

N'hésitez pas à regarder la vidéo au dessus, je vous la recommande fortement !

Sara
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